
Comme toute plateforme non controlée, il faut d'abord effectuer une reconnaissance avant d'y poser ses roues (ou ses skis !). La reconnaissance d'une altisurface est très particulière.
En général, on commence par s'annoncer 3 minutes avant d'arriver à la plateforme. Cela permet de donner ses intentions aux pilotes déjà présents (au sol ou en vol).
Pour la reconnaissance, on commence par se placer à 500ft au dessus du point le plus haut de l'altisurface. La configuration de l'avion est de 130 km/h avec un cran de volet (pour le Mousquetaire) pour ne pas aller trop vite et ne pas prendre trop de place dans le volume qui est déjà très réduit. En "orbitant" au dessus du haut de la piste on détemine plusieurs éléments :
Ensuite, on effectue un "passage bas" sur la piste, c'est à dire que l'on prend l'axe de piste, en descente vers l'altitude de 300 ft au dessus du point le plus haut de la piste. Cette phase permet de reconnaître de manière bien plus précise l'état de la piste et des conditions météo plus proches du sol (on lève ainsi les doutes éventuels...).
Une fois la piste reconnue par le passage bas, on commence l'étape "d'écartement" : on prend une trajectoire à 45° de la piste pour rejoindre la "vent arrière" (appelée étape d' "éloignement" en montagne). L'avion est normalement déjà configuré, mais rien n'empêche de faire une vérification.
Etape de base (en conservant l'altitude de la vent-arrière), finale (qui commence par un bout de palier puis, lorsque on rentre dans le plan de descente, assiette/puissance/volets), visée du point d'aboutissement, réduction (mais pas totale, 1700 RPM environ), toucher (en gardant des gaz) et roulage jusqu'en haut de la piste (en gérant le moteur).
Une séance éprouvante mais enrichissante, je peux vous le dire...
Aurélien
C'était mon premier Aéroski. Comme chaque année, l'association Jeunes Ailes organisait son week-end aéronautique hivernal : pendant quelques jours, les membres de l'association se retrouvent à l'Alpe d'Huez pour expérimenter le vol en montagne et, plus simplement, pour skier et passer quelques bonnes journées ensemble.
Vendredi 29 Janvier : cap sur l'Alpe d'Huez ! Enfin.... on a essayé ! Nous avons tous été supris par une tempête de neige et l'accès à la station nous a donné du fil à retordre ! Il a fallu tous chaîner et la montée vers notre lieu de villégiature s'est fait à un rythme de sénateur. Conclusion : arrivée pour les premiers d'entre-nous vers 21h seulement, et on avait faim !
Samedi : la météo n'est pas très engageante et les vols risquent d'être suspendus pour la journée. Et pourtant...le moral n'est (presque) pas entamé puisque les skieurs d'entre-nous ne pensaient qu'à chausser les skis. En fin d'après midi, le soleil a daigné se lever et les premiers coins de ciel bleu ont donné raison aux JA qui avaient décidé de rejoindre l'altiport : ils ont pu ainsi donner le coup d'envoi des vols grâce à nos parrains de l'Aéroclub du Dauphiné (Jack et Jacqueline). Le soir, nous mangeons tous (avec les parrains) au restaurant de l'altiport (très bonne table !).
Dimanche : la météo est nettement meilleure que la veille, les vols pourront donc avoir lieu. A l'inscription, les JA pouvaient choisir entre un vol plutôt "technique" (tours de pistes en place gauche à Huez) ou "découverte" (pure ballade touristique). En attendant que la dameuse refasse une beauté à la piste, le pilote de l'EC145 de la Sécurité Civile nous a aimablement fait faire le tour de son bel hélico. Il nous a également raconté tous les aspects de son beau métier, suscitant de nombreuses questions des jeunes en admiration devant cette si belle machine. Pendant tout la matinée, les vols se sont enchainés, la plupart dans l'Abeille F-BOPT ancienne propriété d'Henri Giraud.
Puis vient enfin mon tour.
Je prends place à l'avant du Papa Tango, Pauline et Florian passent à l'arrière et c'est André, notre FI JA, qui pilote l'avion. Nous décollons de l'Alpe Huez et mettons le cap sur le col de Sarennes. Nous slalommons entre les massifs, au gré du programme d'André. Nous arrivons enfin sur le St Sorlin et passons devant la zone d'atterrissage du glacier (un endroit très prisé des pilotes de montagne) : il y a déjà des traces d'atterrissages, alors André décide lui aussi d'y poser les skis de l'avion. Comme toujours avant de poser, le pilote commence par une phase de reconnaissance (pour voir sur la piste est praticable) et l'avion s'intègre dans le circuit. Nous sommes rapidement en finale, et j'avoue avoir hâte de connaître enfin ce que donne le poser sur un glacier (une grande première pour moi !). Nous sommes maintenant en très courte, la pente du glacier est raide (sens montant) mais André tangente au mieux la piste. Les skis de l'avion touchent la neige, et c'est dans une remarquable douceur que l'avion s'appuie et glisse sur la neige. A causes des dernières chutes de neiges, l'épaisseur de poudreuse est très importante et l'avion n'a pas assez de vitesse pour faire demi-tour et repartir dans la descente. Bilan : l'avion s'arrête net dans la neige, et malgré la pleine puissance du moteur, il ne veut plus en bouger...
Heureusement, un tel cas de figure est chose courante pour les pilotes de montagne : ils sont formés pour affronter pareille situation. Dans un premier temps, André nous demande de rester dans l'avion, alors que lui chausse les raquettes et récupère sa pelle pour dégager l'avion. Puis il fait appel à Florian et à moi pour l'aider à tourner le Mousquetaire et le remettre dans le pente. Nous remontons tous dans l'avion, Dédé redémarre le moteur, pousse les gaz à fond, l'avion avance, nous glissons, glissons encore, quelques dizaines de mètres et..... l'avion s'immobilise à nouveau ! Dans le cockpit, la déception est grande et tout le monde se demande si nous arriverons une fois pour toute à redécoller. Notre situation est même plus inquiétante que tout à l'heure : nous sommes plus bas sur la piste, ce sont donc autant de précieux mètres en moins pour décoller !
Il ne faudra pas se louper sur cette deuxième tentative, alors nous n'avons d'autre solution que de fabriquer une piste de décollage bien damée sur le glacier. La tache s'avère un peu trop grande pour un seul homme, alors Dédé nous appelle à la rescousse. Florian et moi chaussons aussi une paire de raquettes (Dédé avait tout prévu : 4 paires !) et nous nous mettons au travail dans la bonne humeur. Après bien 40 min de tassage de neige, en montant et redescendant de nombreuses fois sur le glacier, la piste de décollage prend forme. Le moment de vérité approche, nous repositionnons une nouvelle fois l'avion dans la pente, réembarquons tous dans le Papa Tango, Dédé redémarre pour la 2e fois, remet les gaz, l'avion bouge et s'élance sur la piste...... et décolle : nous sommes sauvés !
Notre sommes tous rentrés au Versoud (après un dernier crochet à Huez), pour ramener l'avion à son aérodrome d'attache. Là-bas, tout les JA nous ont rejoint impatients de prendre de nos nouvelles (le téléphone passe très bien sur la glacier !). Cet évènement nous vaudras désormais le surnom de "Naufragés du St Sorlin". Un grand moment d'aviation vécu ce week-end !
Un grand merci à Jack et Jacqueline, de l'Aéroclub du Dauphiné, pour leur accueil et leur parrainage, à André notre FI JA sans qui, comme chaque année, ce WE n'aurait pu se faire, à toute l'équipe JA organisatrice de l'évenement, à tous les JA pour leur participation à ce très beau WE.
De nombreuses et magnifiques photos du WE sont visibles sur ce lien.
Aurélien
Voici un petit film de ce vol magnifique, regroupant les parties 1 et 2 de mon récit. Les vidéos ont été capturées par l'appareil photo de mes passagers : la qualité n'est donc pas extraordinaire, mais on arrive quand même à en tirer quelque chose d'acceptable. Comme d'habitude, il s'agit ici une vidéo sans aucune prétention.
Vol au dessus du Mont-Blanc / Flight above the Mont-Blanc from Imagin-air on Vimeo.
Aurélien
Comme le récit de la première partie de ce vol date un peu (désolé
), laissez-moi d'abord vous rafraichir la mémoire. Dans mon précédent article, je vous racontais qu'en ce mardi d'Août, j'embarquais 2 passagers avec moi dans mon Fox India Victor, le beau Jodel D140 Mousquetaire de l'aéroclub de Méribel : il y avait Pierre, mon jeune voisin apprenti pilote, et Jean, son oncle. Pour ce vol, Lucas (mon FI) avait décidé de me laisser me débrouiller tout seul pour juger de mes acquis après ces quelques jours intenses de formation : décollage de Méribel, nav entre les montagnes et atterrissage sur l'altiport de la station arlysoise. Cette première partie fut exécutée sans trop de difficulté. Le récit reprend donc maintenant.
La logique aurait voulu que nous rentrions en reprenant la même nav qui nous avait mené jusqu'ici. Mais Lucas, qui avait eu le temps de mûrir son plan machiavélique, en avait décidé tout autrement : "vous voulez allez voir le Mont-Blanc ?" nous demande-t'il en s'adressant tout particulièrement à mes passagers. Intérieurement, j'espérais fébrilement que mes paxs répondraient par l'affirmative, et c'est par un très enthousiaste et unanime "bien sûr" que notre sort va en être ainsi jeté : direction le Mont-Blanc, youpiiiiiiiii !
La Vallée Blanche est seulement à quelques battements d'ailes de Megève. Je le savais déjà car j'étais déjà allé faire un vol Mont-Blanc quelques mois plus tôt en passant au dessus de la station. Nous mettons donc le cap vers Sallanches, St gervais puis Chamonix en nous servant bien évidemment du "grand blanc" pour nous guider.
Nous entrons alors dans la Vallée Blanche et la Mer de Glace "coule" très doucement en dessous de nos ailes. Malgré un été très chaud, les roches sont bien enneigées et, excepté quelques cailloux, tout est recouvert d'un manteau blanc fissuré et craquelé. Malgré la charge, l'India Victor arrive bien à monter, mais pas suffisamment pour passer le col du Géant qui nous fera ensuite basculer dans la vallée d'Aoste, en Italie. Alors, il va falloir faire des cercles pour gagner de l'altitude et profiter des mouvements ascendants de chaleur pour nous aider à monter à moindre frais.
En passant le col, à près de 4000m d'altitude, mes passagers sont aux anges, et moi plus encore : nous sommes sur le toi de l'Europe !!!! Quel vol inattendu ! Après ces quelques secondes d'extase, il fallait bien revenir sur Terre et penser quand même à rentrer à Méribel... Je mets donc mon India Victor en descente pépère, ce qui lui laisse le temps de respirer après tant d'efforts, pour notre plus grand bonheur. Lucas nous joua comme à son habitude le rôle de guide touristique, surtout qu'il était chez lui ici... pour quelques minutes seulement puisque nous voilà déjà à nouveau en Tarentaise et j'arrive déjà à entre-apercevoir Val d'Isère puis Méribel.
Lucas, il fallait entendre tes passagers en discuter le soir autour d'un bon repas pour te rendre compte à quel point tu leur as fait plaisir !
Aurélien
En cette période hivernale pendant laquelle je vole peu, je vais continuer à alimenter mon blog en repartant sur une série d'articles retraçant mon stage montagne de cet été. Pour redémarrer doucement, voici simplement quelques avions que j'ai eu l'occasion de croiser sur le terrain :
Avant de partir au ski cette deuxième semaine de vacances, j'ai voulu d'abord m'assurer de l'état d'enneigement des montagnes (tout excuse est bonne pour aller voler, non ?
) : c'est donc du côté de Grenoble que j'ai décidé ce samedi d'aller trainer mes ailes. Pendant cette nav de près de 2h, j'ai pu constater que la neige était bien là, mais que le beau manteau blanc ne descendait pas aussi bas que pour d'habituelles vacances de Noël...
Dès demain, je serai fixé pour Méribel.
Aurélien
Le titre de cet article me rappelle l'époque de mes 5 ans lorsque je jouais à l'un de mes premiers jeux sur PC, "Starquake". Dans ce jeu de plateforme, lorsque le héros essayait de rentrer dans une porte afin d'accéder au tableau suivant, il était souvent sanctionné d'un " access denied* " et il fallait généralement faire demi-tour (avant de trouver un autre moyen d'y rentrer). Et bien c'est exactement cet évènement vécu à Toussus qui m'a fait brutalement me remémorer ces souvenirs d'enfance.
Depuis que je suis sur Paris, je n'étais en effet jamais allé battre mes ailes du côté de l'aéroport de Toussus-le-Noble LFPN. Alors, quand dernièrement les conditions d'accès la plateforme ont été modifiées (création d'une ZRT, nouveaux points de report), j'ai pensé que c'était l'occasion idéale d'y aller faire un petit tour pour tester tout ça.
Pour cette nav, j'ai voulu dérouiller mon pilotage sur train classique en revolant sur le DR221 du club. Cela faisait en effet quelques mois (depuis Méribel) que je n'avais pas fait d'avion à roulette bien placée, alors c'est en compagnie de mon F-BOZU que j'ai décidé de prendre les airs.
J'avais donc préparé cette micro nav, en m'aidant (comme tout bon Vééééèèèèèfaire) des repères au sol (suivre les Routes Nationales, s'aider des châteaux d'eau par exemple), du VOR de Rambouillet et de l'énorme documentation du SIA (Service de l'Information Aéronautique) indiquant les nouvelles procédures d'intégration sur l'aéroport.
Une fois la roulette (de derrière) dans les airs et après avoir quitté St Cyr, je bascule donc sur la fréquence de Toussus et, déjà, c'est l'embouteillage sur la fréquence. Oupsss... On m'avait bien prévenu qu'il y avait du monde sur ce terrain le week-end, mais je ne pensais pas que c'était aussi le cas en semaine ! J'ai pourtant essayé de caser mon message et j'y suis arrivé : le contrôleur me demande alors mes intentions, alors je l'informe de mon envie de faire un ou deux touchés. "Cela ne va pas être possible, vos intentions ?"
Heuuuuuuu, étant pris de surprise, je ne savais plus trop quoi dire.... et puis finalement, j'ai terminé cette brève conversations par un "je rentre à St Cyr, merci".
Nom de diou !!!
Aurélien
* Accès refusé.